Jacques Attali conférencier en Belgique

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Jacques Attali conférencier en Belgique

Géopolitique

Grâce à l'Agence Premium Communication, un important et célèbre organisateur de dîners-conférences en Belgique vient de sélectionner Jacques Attali à l'occasion du dixième anniversaire d'un festival.

La conférence de Jacques Attali portera, entre autres, sur le sujet des migrations économiques et écologiques.

A propos de Jacques Attali :

Professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République de 1981 à 1991, fondateur et premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement à Londres de 1991 à 1993, Jacques Attali (www.attali.com) est maintenant président de A&A, société internationale de conseils, (www.aeta.net) spécialisée dans les nouvelles technologies, basée à Paris, et   président de PlaNet Finance (www.planetfinance.org), Organisation de Solidarité Internationale spécialisée dans le développement de la microfinance. PlaNet Finance est la plus importante institution mondiale de soutien a la microfinance. Elle conseille et finance le développement de la microfinance dans plus de 80 pays.

 

En 1980, il fonde Action Contre la Faim et lance en 1984 le programme européen Eurêka (vaste programme sur les nouvelles technologies qui a donné naissance, entre autres, au MP3). En 1989, il lance un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh. Jacques Attali a ensuite conseillé le Secrétaire Général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire. Il est à l’origine de la réforme de l’enseignement supérieure d’harmonisation des diplômes européens, dite LMD.

 

Docteur d'Etat en Sciences économiques, Jacques Attali est diplômé de l'Ecole Polytechnique, (major de la promotion 1963), de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration.

Il a enseigné l'économie théorique à l'Ecole Polytechnique, à l'École des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine.  Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères  et membre de l’Académie Universelle des Cultures.

 

Jacques Attali est également l’éditorialiste de L'Express. Il est l'auteur plus de soixante-sept livres, traduits dans plus de trente langues et diffusés à plus de huit millions d'exemplaires à travers le monde, comprenant des essais (sur des sujets allant de l'économie mathématique à la musique), des biographies, romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre. Il a été désigné comme l’un des 3 plus influents intellectuels de France et l’un des 100 plus influents dans le monde.

 

En avril 2011, le Woodrow Wilson International Center for Scholars de la Smithsonian Institution des Etats-Unis a remis le Woodrow Wilson Award for Corporate Citizenship (Prix Woodrow Wilson de la Citoyenneté d'Entreprise) à Jacques Attali.

 

 

http://admin.planetfinancegroup.org/upload/medias/fr/cp_woodrow_wilson_international_center_6_avril-final.pdf

 

Jacques Attali (11 250 abonnés sur Facebook / 45 860 sur Twitter / 57 913 sur Linkedin) Première personnalité française -n'ayant pas de mandat électif- à être autant suivi à travers trois réseaux sociaux différents.

Premier écrivain français sur Twitter, devant Marc Levy, Yann Moix, Bernard-Henry Levy et Tatiana de Rosnay.

Deuxième personnalité française la plus suivie dans le monde sur Linkedin, derrière Nicolas Bordas, President de BEING.

 

Jacques Attali est l’économiste français le plus suivi sur Twitter, Facebook, Linkedin.

 

Quatrième économiste le plus suivi dans le monde sur Twitter derrière Paul Krugman, Nouriel Roubini et Umair Haque.

 

Essais :

Analyse économique de la vie politique, PUF, 1973

Modèles politiques, PUF, 1974

L'Anti-économique (avec Marc Guillaume), PUF, 1975

La Parole et l'Outil, PUF, 1976

Bruits, PUF, 1977 et Fayard, 2000

La Nouvelle Économique française, Flammarion, 1978

L'Ordre cannibale, Grasset, 1979

Les Trois Mondes, Fayard, 1981

Histoires du Temps, Fayard, 1982

La Figure de Fraser, Fayard, 1984

Un homme d’influence, Fayard, 1985

Au propre et au figuré, Fayard, 1988

Lignes d'horizon, Fayard, 1990. 1492, Fayard, 1991

1492, Fayard, 1992  

Économie de l'Apocalypse, Fayard, 1994

Chemins de sagesse, Fayard, 1996

Fraternités, Fayard, 1999

Les Juifs, le monde et l'argent, Fayard, 2002

L’homme nomade, Fayard, 2003

Raison et Foi, BNF, 2004

La voie Humaine, Fayard, 2004

La confrérie des éveillés, Fayard, 2004

Karl Marx ou l’esprit du monde, Fayard, 2005

C’était François Mitterrand, Fayard, 2005

Une brève histoire de l’avenir, Fayard, 2006

La Crise, et après ?, Fayard, 2008

Le sens des choses, avec Stéphanie Bonvicini et 32 auteurs, Robert Laffont, 2009

Survivre aux crises, Fayard, 2009

Tous ruinés dans 10 ans ?, Fayard, 2010

Demain, qui gouvernera le monde ? Fayard, 2011

Perspectives, L’Express Roularta, 2011

Candidats, répondez ! Fayard, 2012

Urgences françaises, Fayard, 2013

Histoire de la modernité, Robert Laffont, 2013

Avec nous, après nous, BakerStreet / Fayard 2013

Devenir soi, Fayard, 2014

Peut-on prévoir l’avenir, Fayard, 2015

100 jours pour la France réussisse, Fayard, 2016

Le destin de l’Occident, Athènes, Jérusalem, Fayard, 2016

Vivement après demain, Fayard, 2016

  

Dictionnaires :

Dictionnaire du XXI siècle, Fayard, 1998

Dictionnaire amoureux du Judaïsme, Plon/Fayard/2009

 

Romans :

La Vie éternelle, roman, Fayard, 1989

Le Premier Jour après moi, roman, Fayard, 1990

Il viendra, roman, Fayard, 1994

Au-delà de nulle part, roman, Fayard, 1999

La Femme du menteur, roman, Fayard, 1999

Nouv’Elles, 2002

La Confrérie des Eveillés, Fayard, 2004

Nos vies, disent-ils, Fayard, 2014

Premier arrêt après la mort, Fayard, 2017

 

Biographies :

Sigmund Warburg, un homme d'influence, Fayard, 1985

Blaise Pascal, ou le génie français, Fayard, 2000

Karl Marx ou l’esprit du Monde, Fayard, 2004

Gandhî ou l’Eveil des Humiliés, Fayard 2007

Phares, Fayard, 2010

Diderot ou le bonheur de penser, Fayard, 2012

 

Théâtre :

Les Portes du Ciel, Fayard, 1999

Du Cristal à la fumée, Fayard, 2008

 

Contes pour enfants :

Manuel, 1'enfant-réve (ill. par Philippe Druillet), Stock, 1995.

 

Mémoires :

Verbatim I, Fayard, 1993.

Europe(s), Fayard, 1994.

Verbatim II, Fayard, 1995.

Verbatim III, Favard, 1995.

C’était François Mitterand, Fayard, 2005.

 

Rapports :

Pour un modèle européen d’enseignement supérieur, Stock, 1998.

L’Avenir du travail, Fayard/Institut Manpower, 2007.

300 décisions pour changer la France, rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, XO, 2008.

Paris et la mer. La Seine est capitale, Fayard, 2010

Une ambition pour 10 ans, Editions XO, 2010

La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable, La Documentation française, 2014

 

Beaux livres :

Mémoire de sabliers, collections, mode d’emploi, éditions de l'Amateur, 1997

Amours, Histoires des relations entre les hommes et les femmes, avec Stéphanie Bonvicini, Fayard, 2007

 

Histoires du temps, Fayard, 1982

Raconter l'histoire d'un objet quotidien, de ses techniques, de ses formes, de ses usages, telle est la première ambition de ce livre.

Je voudrais qu'on y trouve avant tout une méticuleuse histoire des instruments de mesure du temps, du premier gnomon aux plus étranges objets d'aujourd'hui. Une histoire aussi de leurs théoriciens, de leurs inventeurs, de leurs fabricants. Et, au-delà, celles des usages, innocents ou pervers, quotidiens ou démesurés, qu'en ont fait les hommes.

Une histoire ? Des histoires, plutôt. Car les formes du temps s'enchevêtrent en de complexes arabesques, en des interférences raffinées. Bien des récits du passé sont alors possibles et se croisent, bien des avenirs sont encore ouverts...

A chaque grand carrefour de l'histoire du pouvoir change la mesure du temps, signal annonciateur. Le gnomon, la clepsydre, l'horloge astronomique, la montre, le chronomètre de marine et la pointeuse d'usine révèlent certaines de ces grandes fractures. De même, aujourd'hui, notre avenir, ses richesses et ses ruines, ses espérances et ses cauchemars sont inséparables de l'usage que nous ferons du temps, autrement dit de l'usage que nous ferons de nous-mêmes.


Voici donc des histoires du temps. Histoires de pénitence et de fête, de sacrifice et de carnaval, de violence et de sourire. Puissent-elles aider à mieux faire poindre en chacun l'aube d'un temps de vie, de tolérance et de liberté.

 

La figure de Fraser, Fayard, 1984

Ce bref essai est le texte substantiellement élargi et récrit d'une conférence prononcée par Jacques Attali dans le cadre d'un colloque à Cerisy. Il se veut la synthèse de ses travaux successifs sur la musique (Bruits), la médecine (l'Ordre cannibale), l'économie (La Parole et l'Outil et les Trois Mondes), la mesure du temps (Histoires du Temps).

Métaphore de cette réflexion : une figure géométrique, la " figure de Fraser ", qui présente la particularité d'être, selon la position de l'observateur, soit une spirale (emblème du progrès continu), soit une succession de cercles concentriques (symbole de la répétition de cycles).

A partir de cette figure et des représentations contraires et conjuguées de l'Histoire qui s'y lisent, Jacques Attali s'interroge sur la nature de toutes les " crises ", et en particulier de celle de cette fin du XXe siècle.

 

Un homme d’influence. Sir Siegmund G. Warburg (1902-1982), Fayard, 1985

Né avec le siècle dans une très ancienne famille de banquiers juifs, Siegmund Warburg, à l'exemple de ses plus grands ancêtres, commence sa carrière comme banquier et conseiller du Prince en Allemagne. Dans les tourbillons de Weimar qui ruinent son père, il participe aux tortueux financements des réparations allemandes. Et lorsque l'économie de la dette laisse place à l'économie de la guerre, l'avènement de Hitler l'envoie à Londres, avec son nom pour tout capital. Il y fonde une petite société financière, y invente les modes de financement des Alliés en guerre, et contribue à briser ceux de l'Allemagne au moment où Hitler détruit, avec son peuple, la banque que sa famille a mis plus de deux siècles à bâtir.


Après la guerre, tout recommence. Il relève le nom de la famille, crée à Londres sa propre banque, S.G. Warburg and Co. En vingt ans, il y devient de nouveau le premier banquier de la place, conseiller du Prince, et invente les principales techniques de la finance d'aujourd'hui, des offres publiques d'achat aux euro-émissions. Mais, également avant les autres, il voit se profiler l'impuissance de l'Europe, la rébellion du tiers monde, la montée du Japon et les difficultés d'Israël.

Alors, guetteur devenu lui-même signe, sans le savoir peut-être, quarante ans presque jour pour jour après son premier exil, il quitte de nouveau un monde qui a fait sa fortune mais dont il sent venir la fin.

Etrange destin d'un homme presque seul, dont l'obsession unique est de relever son nom et d'en prolonger l'influence, au coeur des principaux cyclones de ce siècle. Vigile d'un temps de barbarie, jamais résigné à sa défaite. Prince de la finance, aventurier du siècle, écouté des hommes de pouvoir sans jamais en être un lui-même, il a vécu une de ces très grandes vies à l'ombre desquelles rien ne pousse.
Homme d'influence : ainsi aime-t-il à se vouloir lui-même, comme le Joseph des Ecritures et celui de Thomas Mann qu'il place plus haut que tout; c'est-à-dire homme de séduction sur ces autres hommes qui prétendent, eux, avoir du pouvoir sur les choses.

 

Au propre et au figuré : une histoire de la propriété, Fayard, 1988

Ce qui change le moins chez l'homme, ce sont les questions qu'il se pose sur lui-même. A toutes les époques, sous toutes les latitudes, dans toutes les sociétés, il a éprouvé les mêmes angoisses, nourri les mêmes doutes, formulé les mêmes interrogations sur son identité, sur le sens de sa vie, de la douleur et de la mort, sur les meilleurs moyens d'être, d'avoir, de durer, de transmettre.

A certaines époques, il a trouvé à ces questions des réponses naturelles, cohérentes, rassurantes. Puis le doute s'est réinstallé, les certitudes ont vacillé, les interrogations ont resurgi, des convictions se sont opposées, des ordres se sont dissous.


Ainsi en est-il de la propriété. De tout temps, on s'est demandé quelle était la meilleure façon de l'organiser, la plus juste, la plus libre. On a cru parfois le savoir. D'aucuns ont soutenu que l'homme évoluait, au rythme d'un progrès irréversible, de la propriété communautaire à la propriété individuelle. D'autres ont affirmé que l'évolution et les luttes allaient exactement en sens contraire. D'autres enfin ont rêvé d'une société sans propriété, ni privée, ni collective.

Il m'a semblé découvrir qu'il y avait, derrière chacune des conceptions de la propriété qui se sont succédé et entrechoquées depuis des millénaires, comme un signal toujours présent, comme une obsession incontournable que je résumerai ainsi : ce que cache la propriété, c'est la peur de la mort.

 

La Vie éternelle, Fayard, 1989

Là-bas, sur une île isolée _ ou là-haut, sur quelque étoile lointaine _, un peuple coupé de tout par quelque catastrophe majeure répète l'histoire des hommes depuis leurs origines, y compris la traque, l'exil puis le massacre d'une minorité distinguée par ses traditions, ses pouvoirs magiques et la vie éternelle qu'on lui prête. Puis, dans le sang et le chaos, comme se retournent les fioles d'un sablier, s'inversent les flèches du Temps. Mémoire et prophétie se confondent et ce " testament d'outre-monde " se met à ressembler à s'y méprendre aux plus vieilles histoires que l'humanité a vécues, dans la démesure barbare des pires génocides et les espérances les plus folles des faiseurs d'éternité.

Le premier roman de Jacques Attali est tout à la fois un roman de science-fiction (des voyageurs de l'avenir, naufragés sur une étoile), un roman historique (les tragédies du pouvoir dans des temps très reculés), un roman policier (un prince assassiné au fond d'un vieux château), un roman politique (un coup d'Etat préparé de main de maître), un roman épique (trois siècles dans la vie d'une grande famille), un roman d'amour (une princesse balancée entre trois séductions), un roman initiatique (une jeune fille à la recherche de sa vérité et de son père), un roman théologique (le lent décryptage d'un écrit cabaliste ouvrant accès à la Vie éternelle), et peut-être même un roman à codes et à clés...

La Vie éternelle, roman, a obtenu en mai 1989 le Grand Prix du Roman de la Société des Gens de Lettres.

 

Le premier jour après moi, Fayard, 1990

" Sarah contemple toujours l'homme _ le cadavre ? _ gisant sur le lit. Elle semble effarée.

Pour elle, je n'existe déjà plus. Pour elle, je ne suis qu'un mort allongé sur le lit.

Elle lui prend à nouveau le poignet, le palpe longuement, puis le relâche. Elle se penche pour écouter son coeur, puis se redresse, extrêmement pâle.

Je m'approche pour mieux examiner le corps inerte ; impossible de nier l'évidence: c'est bien le mien.

Il est huit heures trente-quatre du matin, ce lundi treize décembre.

Je ne me suis pas réveillé ce matin.

Je suis mort.

Ainsi commence le premier jour après moi. "


Après La Vie éternelle, roman, publié en 1989 et couronné par le Grand Prix du roman de la Société des Gens de Lettres, Le premier jour après moi est le second ouvrage de fiction de Jacques Attali.

 

Lignes d’horizon, Fayard, 1991

Devant nous, à la veille du troisième millénaire dont une brève décennie désormais nous sépare, quel nouvel ordre politique se profile ? quel développement ? quels rapports de pouvoir entre les nations ? quels styles de vie ? quelles tendances artistiques ?


Nous entrons dans une période radicalement neuve : l'Histoire s'accélère, les blocs se dissolvent, la démocratie gagne partout du terrain, acteurs et enjeux nouveaux surgissent. Face à ces évolutions en apparence désordonnées, la mode est à se méfier des modèles, à s'abandonner au jeu des forces multiples qui agitent notre planète, à faire du marché le maître de toute chose, l'arbitre de toute culture.
Je ne souscris pas à cette mode. Je crois au contraire que notre époque, comme les autres, est relativement explicable, que notre avenir peut être éclairé d'hypothèses sérieuses, qu'on est en droit d'esquisser des lignes d'horizon. A condition de jeter des ponts entre les innombrables apports des sciences sociales d'aujourd'hui et de s'en servir pour donner sens au foisonnement de faits qui surprennent notre quotidien.

 

1492, Fayard, 1992

Cette année-là, trois caravelles rencontrent un continent ; s’effondre le dernier royaume islamique d’Europe ; les Juifs sont expulsés d’Espagne ; un Borgia est élu pape ; meurent Laurent le Magnifique, Piero della Francesca, Casimir IV, roi de Pologne, Ali Ber, roi du Songhaï ; la Bretagne devient française, la Bourgogne disparaît ; l’Angleterre renonce au continent et se tournera vers les colonies ; débarquent en Europe le chocolat, le tabac, le maïs, la pomme de terre ; en Amérique arrivent la roue, le cheval et la variole ; Martin Behaïm construit à Nurem-berg la première sphère terrestre ; on publie à Ferrare le premier plan d’urbanisme ; on émet à Gênes la première lire ; le professeur Antonio de Nebrija fait paraître à Salamanque la première grammaire en langue vulgaire ; à Genève apparaît la syphillis ; au Vatican, on tente peut-être la première transfusion sanguine ; en Italie, on imprime pour la première fois le traité d’harmonie musicale de Boèce ; à Mayence, Middleburg prophétise la Ré-forme et annonce Luther ; en Espagne, on représente la première pièce de théâtre sur une scène fermée.

Cette année-là, Anvers supplante Venise au cœur de l’économie-monde ; l’Europe se tourne vers l’Atlantique, oubliant l’Est et son passé oriental, la Méditerranée et sa composante islamique. Elle se rêve pure, romaine et non plus jérusalmite. Se forge ce qui deviendra tantôt le rationalisme, tantôt le protestantisme ; s’inventent la démocratie et la classe ouvrière. On fait le projet d’un Homme nouveau. Commence à s’écrire l’Histoire telle que les nouveaux maîtres la raconteront pour leur plus grande gloire, vantant leur passion de la Raison, l’audace de leurs découvertes, leur goût de la vérité, leurs rêves de monuments et de musique.

J’ai voulu comprendre ici cette catastrophe comme disent certains mathématiciens, cette bifurcation comme disent des physiciens, ce rendez-vous, comme pourrait dire, plus simplement et sans doute mieux, le commun des mortels.

 

Verbatim. Chroniques des années 1981-1986. Tome I, Fayard, 1993

Dès le premier jour où je me suis installé dans le bureau jouxtant celui du Président de la République, j'ai pensé que mon devoir serait, un jour ou l'autre, de rendre compte aussi intégralement que possible, de témoigner, d'expliquer.

C'est ce que je fais ici, dans la limite de ce que l'intérêt de la République permet de dévoiler à si brève échéance.
Depuis ces journées éblouies de mai 1981, j'ai consigné quotidiennement, aussi honnêtement mais aussi crûment que possible, les faits, les impressions, les dialogues. On les retrouvera tels quels. J'ai aussi utilisé ici mille et une notes _ manuscrites pour la plupart _ rédigées à l'intention du seul Président, en particulier les très nombreux verbatim rendant compte des tête-à-tête entre chefs d'Etat. Enfin, j'ai puisé dans ma mémoire qui, comme toute faculté humaine, est imparfaite.

Dans la plupart des cas, nul n'est à même de corrobrer mon témoignage: j'ai été seul à entendre la plupart des propos que je rapporte ici, et ma parole vaudra donc seule contre tous les démentis.

Cette lecture permettra, je l'espère, de comprendre l'extrême complexité et la diversité étourdissante de l'exercice de ce pouvoir si particulier, celui d'un homme isolé de tout, pour qui rencontres, réunions, voyages sont de rares moments d'échanges volés à un protocole de confinement. Un homme dont l'essentiel de l'influence se résume à l'annotation quotidienne de dizaines de parapheurs de notes, lettres, requêtes, décrets, lois, grâces, avis, études, rapports de police, suggestions, demandes de décisions émanant de tous les horizons, filtrés _ ou non _ par ses conseillers.

Ce journal se voulait exhaustif ; il ne peut l'être, évidemment. Il se voulait aussi objectif ; il ne peut l'être non plus. A certains, ce verbatim paraîtra trop louangeur. D'autres le trouveront injustement critique. Pour me tenir à égale distance de ces deux écueils, j'ai tenté de n'être là que l'observateur d'épisodes singuliers de la comédie humaine. On y trouvera le récit de réussites et d'erreurs, de mesquineries et de grandeurs.

Naturellement, ce texte est marqué par l'étrange rôle que j'y ai tenu : l'intellectuel dont le Prince se méfie assez pour le tenir en lisière, mais en qui il assez confiance pour en faire le témoin de toutes les rencontres, le filtre de tous les documents, pour lui confier maintes missions et l'accepter comme son confident quotidien. Celui dont on garde l'avis pour soi sans jamais le mêler à l'action collective.

Je dis cela sans aucune amertume ; je l'ai voulu ainsi.

Les épreuves de ce livre, une fois achevées, n'eurent que deux lecteurs : Claude Durand, mon éditeur, comme pour chacun de mes livres; et le Président de la République, qui eut le droit de rayer ce qu'il voulait. Droit qu'il n'a pas exercé, sans que cela ait constitué pour moi une surprise. Seul, il connaît la totalité des facettes de son action.

 

Europe(s), Fayard, 1994

« L'Europe, à l'évidence, n'existe pas. Elle n'est ni un continent, ni une culture, ni un peuple, ni une histoire. Elle n'est définie ni par une frontière unique ni par un destin ou un rêve commun.
" Il existe en revanche des Europes, qui s'échappent lorsqu'on cherche à en appréhender trop précisément les contours.

" L'Europe est le seul continent à ne pas s'être défini par l'exclusion des autres, mais, pour leur bonheur et leur malheur, par leur conquête  ; le seul à avoir semé, aux quatre vents de ses ambitions impériales, ses langues, ses idées et ses hommes.

" En ce sens, l'ordre du monde est pour longtemps encore européen. Même si cette péninsule improbable s'est vue remplacée au " coeur " de l'Histoire par l'une de ses créatures, l'Amérique, même si elle risque de n'être plus qu'une colonie de sa propre utopie, l'Europe restera à jamais, dans son ambiguïté même _ je préférerais écrire l'Europe(s), pour signifier cette multiplicité-, la mère de toutes les modernités.

" Cette ambiguïté, je l'ai vécue de près quand la chute du dernier Empire précapitaliste du monde, en émancipant l'Europe(s), la soumettait tout entière à l'ordre américain. De Prague à Londres, de Bruxelles à Moscou, j'ai vu les dirigeants intérioriser cette nouvelle soumission, en même temps que se dessinait le rêve d'une construction européenne plus libre et plus adulte. "

 

Il viendra, Fayard, 1994

" Avant la fin du spectacle, quand l'océan de musiques et de prières sera au plus fort de sa houle, Mortimer tuera son fils. Pour le sauver. Et pour sauver le monde.

... Après tout ce qu'il vient de vivre, ces mois de chagrin et de doutes, d'espoirs et de stupeurs, voici venu le moment. Ne pas reculer. Faire valoir ce que doit. S'il renonçait maintenant, rien n'aurait servi de rien depuis l'aube des temps. Et l'abomination s'accomplirait.

En finir. Se préparer. Guetter la longue silhouette manipulant son boulier, qui se laissera bientôt porter par les vagues de rumeurs psalmodiées. Pantin véhément, Jonathan proférera ses malédictions et ses délires, très vite, comme s'il redoutait de s'entendre réfléchir, de se souvenir de lui-même. Ne pas s'attendrir. L'homme aux tambours d'acier n'a rien à voir avec l'enfant inquiet, l'adolescent fragile, tantôt admiré, tantôt redouté, poursuivi et enfin perdu. Qu'il aille au bout de son destin. Pour l'amour des hommes... "

  

Economie de l’apocalypse. Trafic et prolifération nucléaires, Fayard, 1995

" Lorsque le Secrétaire général de l'ONU m'a demandé de préparer un rapport sur la prolifération et le trafic nucléaires, je ne m'attendais pas à tirer des conclusions aussi terrifiantes. En rencontrant ministres, savants, diplomates, policiers, douaniers, ingénieurs, militaires et experts, à Moscou, Washington, Paris, Bonn, Bruxelles, Pékin, Alma-Ata, Vienne et autres lieux, j'ai été chaque fois plus sidéré par mes découvertes: non seulement le désordre est immense, non seulement tous les bazars de trafiquants ont ouvert grand leurs portes, mais le monde, mû par une foi aveugle en la science, se laisse entraîner vers une accumulation incontrôlable de matières et de technologies meurtrières. D'où la nécessité de repenser tous les concepts jusqu'ici confortablement manipulés par des experts rassurants. "

 

Verbatim. Chroniques des années 1986-1988. Tome II, Fayard, 1995

Voici le récit jour par jour _ et parfois heure par heure _ de deux années qui ont façonné la France d'aujourd'hui, de mars 1986 à mai 1988. On y découvrira les terribles chocs de la première cohabitation, les secrets de l'affaire des otages, ceux de l'assaut donné à la grotte d'Ouvéa et des tribulations de l'Iranien Gordji, entre autres événements encore mal élucidés de notre histoire récente.

On y apprendra comment François Mitterrand a créé les conditions de sa réélection et comment ceux qui rêvaient à sa succession y apprirent les dures lois de l'exercice du pouvoir suprême. On y lira ce qu'ils pensaient alors les uns des autres, quelles ambitions les animent, quels regards ils portent sur la France et ses voisins, comment ils ont réagi dans des circonstances graves, sur le plan national et international.

On découvrira enfin comment se sont noués entre François Mitterrand et le Chancelier Kohl les accords qui ont rendu possible le Traité de Maastricht et comment pouvaient se lire dans les dialogues confidentiels de l'Est et de l'Ouest les signes précurseurs de la désarticulation du monde communiste.

Tout cela _ et les mille anecdotes qui forment la trame de la politique _ est mis ici à la disposition des citoyens qui, pour exercer leurs droits, doivent en savoir davantage sur l'exercice du pouvoir et ceux à qui ils le délèguent.

  

Verbatim. Chroniques des années 1988-1991. Tome III, Fayard, 1995

Plus encore que les précédents, ce dernier volume de Verbatim soulèvera des polémiques. Parce qu'il contient maintes révélations sur une des périodes les plus riches de notre histoire contemporaine ; parce qu'on y voit notamment se défaire le dernier empire du siècle et qu'on y révèle comment s'est décidée et a été conduite la première guerre de l'après-communisme, celle du Golfe.

Aujourd'hui comme hier, il ne s'agit pas pour moi de régler des comptes, mais de rendre compte. Mon propos n'est pas de rapporter des confidences de boudoir ou de dévoiler des secrets de pacotille, mais, en livrant crûment la vérité sur des faits essentiels à la compréhension de l'Histoire, de permettre aux citoyens de comprendre l'action de ceux qu'ils ont choisis, et de les inciter à réfléchir sur ce qui se produit quand les projets des gouvernements sont dépassés, voire balayés par la volonté des peuples.
Cette troisième partie commence le 8 mai 1988, jour de la réélection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Elle se termine le 15 avril 1991 _ soit un mois avant l'éviction de Michel Rocard de la direction du gouvernement _, jour où j'ai quitté mes fonctions de conseiller spécial à l'Elysée pour prendre, à Londres, la présidence d'une institution internationale dont je venais de négocier la création, la Banque européenne de Reconstruction et de Développement (BERD). Au total, ces trois années resteront parmi les plus inventives, les plus chahutées, les plus allègres et les plus éclairantes de ce siècle terrible. Peut-être même ne devraient-elles être comparées à aucune autre période que celle de 1848, avec son cortège de promesses et d'espoirs manqués. Les discussions entre hommes d'Etat qu'on trouvera rapportées ici mériteront sans doute, plus que beaucoup d'autres, de figurer dans les livres d'Histoire.



Chemins de sagesse. Traité du labyrinthe, Fayard, 1996

Pourquoi trouve-t-on des labyrinthes sur les cinq continents depuis dix mille ans ? Voilà un des secrets les mieux gardés de toutes les civilisations, de toutes les religions, de tous les rituels. Pourtant, quiconque réussirait à décrypter ce secret découvrirait une des clés des voyages essentiels de toute vie, et d'abord du voyage vers l'au-delà.

Pour y parvenir, ce livre propose d'entreprendre un vaste périple, comme à l'intérieur d'un labyrinthe ; on y croise le Minotaure, Internet, la cathédrale de Chartres, la Kabbale, le jeu de l'oie, les jardins de Versailles, les aborigènes d'Australie, la chorégraphie, la corrida, le jazz, le football, quelques noeuds, la psychanalyse, l'économie mondiale et les images virtuelles, au débouché de traboules lyonnaises, de venelles vénitiennes ou d'autoroutes de l'information.

Chemin faisant, Jacques Attali met au jour des sagesses neuves et des savoirs oubliés, nécessaires pour survivre dans un monde où tout redevient labyrinthe. Et où se perdre est l'unique façon de se trouver.

                                                           

Dictionnaire du XXIème siècle, Fayard, 1998

Eclaté, jubilatoire, barbare, heureux, insensé, monstrueux, invivable, libérateur, horrible, religieux, laïc..., tel sera le XXIe siècle.

Il n'est pas de meilleure métaphore pour le décrire que celle du dictionnaire, mosaïque de mots, miroitement de sens, voisinage d'antonymes, inventaire de hasards.

Ce dictionnaire peut se lire d'une traite, de A (comme Activité) à Z (comme Zen). On peut aussi s'y promener en nomade, de renvoi en renvoi. On peut encore le garder à portée de main pour y puiser une référence au gré d'une perplexité, d'un voyage, d'une conversation. Déjà, par sa forme, ce livre parle d'avenir : demain, on lira comme on navigue.

Chemin faisant, j'ai essayé de répondre aux principales questions que chacun peut se poser sur notre avenir: sera-t-il possible de nourrir tous les hommes, pourra-t-on éliminer la pauvreté? y aura-t-il enfin du travail pour tout le monde? les sciences bouleverseront-elles les modes de vie, le rapport à la souffrance et à la mort, l'éducation, la distraction? quelles ambitions, quelles aventures enthousiasmeront les peuples? quelles guerres, quelles catastrophes écologiques menaceront? comment seront gérées les contradictions entre liberté et solidarité, entre mobilité et enracinement? quelle sera la place du religieux, du politique? quelles moeurs seront admises? l'Occident restera-t-il la civilisation dominante? les Etats-Unis garderont-ils leur suprématie géopolitique? l'Europe deviendra-t-elle une puissance politique? la France aura-t-elle encore un mot à dire dans les affaires du monde? et l'Islam? y aura-t-il autre chose, au-delà du marché et de la démocratie? une révolution est-elle encore possible? Et surtout: pourra-t-on encore vivre ensemble?

 

Les Trois mondes. Pour une théorie de l’après crise, Fayard, 1998

Jacques Attali a su ouvrir des perspectives neuves et fécondes tant sur la musique (Bruits) que sur la médecine (l'Ordre cannibale), présente ici, enfin, son grand livre de théorie économique.
Il n'est aujourd'hui d'autre point de départ possible que la crise. Aussi faut-il avant tout dresser l'inventaire, jusqu'ici introuvable, de toutes les théories existantes de la crise : toutes vraies, dès lors qu'elles inspirent les politiques effectivement menées par les pouvoirs, partout dans le monde.
Pour les expliquer, Jacques Attali distingue entre trois mondes de pensée, car nous vivons à la fois dans trois réalités. Celle de l'échange et de la régulation, où la crise n'est qu'écart hors de l'équilibre. Celle de la production, où la crise dévoile les contradictions qui sont le moteur de l'Histoire. Et le monde nouveau qui sous nos yeux s'ébauche : celui de l'organisation, que l'auteur nous entraîne à découvrir. L'ordre y apparaît comme fragile écriture des formes, et la crise comme un état quasi permanent de réécriture.


Monde de tolérance et de séduction, où à la fois s'ouvre le danger d'une après-crise totalitaire et s'esquisse la voie pour échapper au cercle étouffant des dictatures. Au terme de ce parcours éblouissant, des rites magiques aux empires, du potlach au nucléaire, des sacrifices aux ordinateurs, de Bruges à Tokyo, le choix est entre la solitude et la création, le suicide et la séduction.

 

Au-delà de nulle part, Fayard, 1999

Dans une semaine, la comète Swift-Tuttle entrera en collision avec la Terre et provoquera une explosion un milliard de fois plus puissante que celle qui détruisit Hiroshima. Toute forme de vie disparaîtra.

Tel est le message que reçoit un jeune Américain sur Internet. Un message prétendument venu de 2126, une semaine avant l'impact.

Ce scénario apocalyptique n'est pas fantaisiste : cette énorme comète frôlera effectivement la Terre le 14 août 2126 et le pire n'est pas impossible.

Son interlocuteur lui lance un appel au secours : lui seul, explique-t-il, peut sauver la planète, s'il découvre à temps et transmet aux hommes du futur les secrets de la plus vieille tribu d'Amérique : les indiens Hopis.

Quelles sont les relations entre une future Apocalypse et les plus anciens mythes indiens ? Peut-on venir nous parler depuis l'avenir ? Que ferait l'humanité confrontée à l'imminence de sa disparition ? Cette comète n'est-elle qu'un symbole de la folie des hommes ?

Une jeune Indienne semble avoir la réponse à toutes ces questions. Roman d'amour, récit d'anticipation, charge politique, machinerie policière, suspense métaphysique : ce livre est tout cela à la fois. Mais aussi initiation aux rituels et enseignements d'une des plus profondes sagesses de tous les temps, dont la disparition ferait basculer la vie au-delà de nulle part.


Les portes du ciel, Fayard, 1999

PERSONNAGES :


CHARLES QUINT, 58 ans, empereur d'Occident, retiré au couvent de Yuste depuis son abdication, trois ans plus tôt.

JUANA, 22 ans, une des deux filles de Charles, veuve de Jean. roi du Portugal, remplacé sur ce trône par Catalina, soeur de Charles Quint ; régente d'Espagne depuis deux ans au nom de son frère aîné, Philippe II, resté à Bruxelles.

FERNANDO BORGIA DE REGLA, 52 ans, moine hiéronymite, nouveau supérieur du couvent de Yuste, nommé après la mort mystérieuse de son prédécesseur.

GUILLAUME VAN MALE, 37 ans, diplomate et intellectuel flamand, conseiller de Charles depuis douze ans.

GERONIMO, un page de 11 ans, venu d'Allemagne, d'origine inconnue.

FIGURANTS : des moines, un vieux valet indien d'Amérique, muet et manchot.

LIEU :

Le couvent hiéronymite de Yuste, près de Jarandilla, en Estrémadure (Espagne).

 

DATE :

Lundi 19 septembre 1558, de l'aube au crépuscule.

Les personnages ont tous existé. Ils étaient tous là, ce jour-là, et parlaient entre eux le français.
Pour le reste..

  

Fraternités : une nouvelle utopie, Fayard, 1999

" Prendre du plaisir au bonheur des autres " : sera-ce, sous le nom de " Fraternité ", la prochaine utopie qui emportera le monde au XXIe siècle ?

Avant de devenir la réalité triomphante de la fin du XXe siècle, le marché et la démocratie ont été des moyens, imaginés au long des siècles par quelques rêveurs sous les quolibets de leurs contemporains, pour réaliser l'utopie d'aujourd'hui, celle de la liberté. Leur triomphe ne garantit pourtant ni la paix, ni la justice sociale, ni la protection des générations suivantes. La mondialisation est en train de tuer la démocratie.
Le temps est revenu de penser autrement la société, au-delà du libéralisme et de la social-démocratie.
À travers une fresque de toutes les utopies passées et de la façon dont elles ont nourri l'action des hommes, ce livre ouvre un immense chantier sur des questions totalement inédites comme le droit à l'enfance, le droit à l'hospitalité, le droit des générations suivantes, etc., qui témoignent de l'urgence d'une démocratie fraternelle et planétaire. Mais après quelles secousses ? et par quelles actions ?
La politique, même la plus généreuse, n'est pas affaire de bons sentiments. Et l'utopie n'est, en définitive, que le nom donné aux réformes lorsqu'il faut attendre des révolutions pour les entreprendre.

 

La femme du menteur, Fayard, 1999

Une femme peut-elle aimer un menteur ?

Un menteur peut-il se faire aimer des femmes ?

Tel est le thème de ce roman ironique où se croisent une femme amoureuse, un producteur mythomane, un faux commandant de navire, une relieuse d'art, un brillant journaliste, une étudiante passionnée, un professeur volage, un bouquiniste de génie. Chacun jouant de ses secrets, de ses mensonges et de ses masques, au grand bal de la séduction. "Séduire, c'est se prouver qu'on est vivant, expliquait-il chaque fois qu'elle le prenait en flagrant délit et qu'il ne réussissait pas à la convaincre qu'elle avait mal vu, mal entendu, mal lu, mal compris. Mais, en règle générale, il y parvenait. Non parce qu'il était particulièrement habile, ou parce qu'il y mettait beaucoup d'énergie ou de conviction, mais parce qu'elle le voulait bien : Valentine aimait par-dessus tout son confort. Et, mettre Raoul face à un mensonge, le surprendre et le confondre l'aurait obligée à se fâcher, à crier, à le quitter peut-être, ce dont elle ne voulait à aucun prix. Passer à ses yeux et à ceux des autres pour crédule ne lui pesait aucunement : elle avait depuis longtemps appris à tolérer la compagnie des menteurs..."
La Femme du menteur est le quatrième roman de Jacques Attali.

 

Blaise Pascal ou le génie français, Fayard, 2000

 "Il y avait un homme qui, à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques ; qui, à seize, avait fait le plus savant traité des coniques qu'on eût vu depuis l'Antiquité ; qui, à dix-neuf, réduisit en machine une science qui existe tout entière dans l'entendement ; qui, à vingt-trois, démontra les phénomènes de la pesanteur de l'air, et détruisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique ; qui, à cet âge où les autres hommes commencent à peine de naître, ayant achevé de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur néant et tourna ses pensées vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu'à sa mort, arrivée dans sa trente-neuvième année, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les courts intervalles de ses maux, résolut, par abstraction, un des plus hauts problèmes de géométrie, et jeta sur le papier des pensées qui tiennent autant du Dieu que de l'homme. Cet effrayant génie se nommait Blaise Pascal.

  

Bruits, Fayard, 2000

Si le bruit est toujours violence, la musique est toujours prophétie. En l'écoutant, on peut anticiper le devenir des sociétés. Telle est la thèse de ce livre dont une première version, parue il y a vingt-cinq ans, fut un grand succès international et dont les prédictions se trouvèrent toutes vérifiées. Aujourd'hui, dans ce nouveau livre, entièrement réécrit à partir du précédent, Jacques Attali montre ce que la musique, aujourd'hui comme hier, annonce pour le monde de demain. La liturgie était métaphore du sacrifice rituel ; le ménestrel annonçait le monde féodal ; le concert précéda la prise de pouvoir de la bourgeoisie ; l'enregistrement annonça la société de consommation ; le jazz précéda la révolte de la jeunesse contre la famille. Aujourd'hui, le MP3 et la musique virtuelle, la bataille entre les majors et Napster annoncent à la fois la victoire du capitalisme culturel et la gratuité de l'accès à toutes les formes d'art. Au-delà s'esquisse un autre monde où le plaisir de faire de la musique pourrait prendre le pas sur celui de l'écouter, où chacun pourrait devenir enfin créateur de sa propre vie.

 

Les Juifs, le monde et l’argent. Histoire économique du peuple juif, Fayard, 2002

L'auteur : Polytechnicien, énarque, ancien conseiller spécial du président de la République pendant onze ans, créateur et premier président de la BIRD, Jacques Attali a brillé comme auteur dans de nombreux genres différents : histoire (1492), essais (La Figure de Fraser), mémoires (Verbatim), romans (Le premier jour après moi, La Vie éternelle, Au-delà de nulle part, La Femme du menteur), et enfin théâtre : une pièce jouée en janvier avec Gérard Depardieu dans le rôle de Charles Quint (Les Portes du ciel). Il s'est déjà essayé avec grand succès à la biographie dans Un homme d'influence, consacré au banquier G. Warburg, et Blaise Pascal ou le génie français. Le livre : Sujet sulfureux, inquiétant, « obscène ». Parce qu'au panthéon de l'antisémitisme, l'argent est le principal trophée. Accapareur, usurier, avare, tels sont quelques uns des traits de la caricature du juif depuis deux mille ans. Voici, pour la première fois, la fresque historique des relations multiformes de ce petit peuple, Israël, avec le maître du monde, l'argent. Bergers nomades, nourris de la haine biblique contre toute accumulation, puis marchands babyloniens, égyptiens, phéniciens, carolingiens, italiens, allemands et polonais. Toujours éclaireurs, parfois pourchassés, inventeurs forcés des principaux outils du capitalisme moderne, ils sont porteurs, dans leurs contradictions les plus modernes, de toutes celles de l'Ordre marchand. Tour à tour alliés des nobles contre les bourgeois, des bourgeois contre les paysans, des commerçants contre les princes, eux-mêmes plus souvent prolétaires que banquiers, toujours nomades, ils sont présents dans toutes les bifurcations de l'histoire du capitalisme. Beaucoup moins importants que le rôle que leurs ennemis ont voulu leur prêter, jamais organisés en groupes autonomes, ils sont au coeur du conflit éternel entre la foi et la survie, entre la tradition et la modernité, entre l'échange et la violence. Pour le bien du monde et leur plus grand malheur : redevenant boucs émissaires à chaque crise majeure du capitalisme, leur destin constitue une formidable leçon d'histoire du capitalisme et une prophétie de son avenir dans la mondialisation nomade. Soit par la fin de Dieu - et des Juifs - dans le culte du Veau d'Or généralisé, soit par l'avènement d'une économie messianique.

 

Nouv’Elles, Fayard, 2002

Dans la lignée de son très grand succès romanesque La Vie éternelle, roman, Jacques Attali compose un vrai roman de la haute société contemporaine à partir de douze nouvelles faussement autonomes évoquant les destins de personnages en perdition entre meurtres, dépravations, ennui, vanités mondaines, frénésie d'honneur et d'argent.


Le roman du grand cirque tragico-burlesque de la « modernité ». Texte de présentation éditoriale

Pourquoi une des plus célèbres actrices du monde a-t-elle été enlevée à Rome au milieu d'un tournage sur la piazza Navone ? Comment un présentateur de journal télévisé français s'est-il fait piéger par une séductrice masquée ? Qui a vraiment écrit Nouv'Elles, ce roman sulfureux dénonçant les crimes de puissants personnages ? Est-il possible d'adresser une lettre d'amour après sa mort ? Qu'est devenue la merveilleuse fillette dont le meilleur avocat de Paris tomba amoureux quand il avait douze ans ? Qui était vraiment la prostituée sauvagement assassinée rue de la Boule-Rouge ? Une simple histoire d'amour pourrait-elle mettre fin un jour au règne de l'argent ?


En douze séquences relevant de genres divers (nouvelle, poème, detective-story, lettre d'amour, échange de courriels, scénario, récit érotique, pièce de théâtre, conte pour enfant, science-fiction) composant une suite romanesque sur plus d'un demi-siècle (de 1975 à 2033), voici treize portraits de femmes, treize énigmes autour de couples unis par un terrible secret.


Avec pour fil conducteur, une seule question, la plus universelle : est-il encore possible dans ce monde

d'aimer et d'être aimé ?

  

L’homme nomade, Fayard, 2003

Dans cette vaste fresque historique et prospective, Jacques Attali retrace l’histoire de l’humanité comme jamais on ne l’a fait jusqu’à présent.

Pour lui, l’homme est nomade depuis ses origines, il y a quelques millions d’années ; il n’a été que très brièvement sédentaire, et il est en train de redevenir, à travers la mondialisation, un nomade d’un nouveau genre.

C’est en tant que nomade qu’il a inventé les éléments clés de toutes les civilisations : le feu, les langues, les religions, l’équitation, l’agriculture, l’élevage, la métallurgie, la navigation, la roue, la démocratie, le marché, la musique, les arts, ne laissant aux sédentaires que l’invention des forteresses, de l’Etat et de l’impôt.

Loin d’avoir été des Barbares venus détruire des civilisations existantes, les hommes du voyage furent les véritables forces d’innovation et de création à la source de tous les empires, de la Chine à Rome, de l’Egypte à l’empire américain d’aujourd’hui. Quand elles se ferment aux nomades, aux itinérants, aux étrangers, aux mouvements de toutes sortes, les sociétés déclinent et périclitent.

Aujourd’hui, disparaissent les derniers peuples nomades sous les coups de la « globalisation » ; s’ouvrent, avec les nouvelles technologies du voyage, réel et/ou virtuel, des perspectives radicalement

neuves pour l’humanité ; s’achève l’hégémonie du dernier empire sédentaire, les Etats-Unis, et commence une formidable lutte entre les trois forces nomades qui aspirent à le remplacer – le marché, la démocratie, la foi –, éclairant d’un jour inédit les enjeux éthiques, culturels, militaires et politiques de notre temps.

 

La confrérie des éveillés, Fayard, 2004

La rencontre qui aurait pu avoir lieu entre Averroès et Maïmonide. Ce texte rapporte leur conversation, dialogue imaginaire et vraisemblable entre les deux versants les plus éclairés de l'islam et du judaïsme.

 

Au XIIe siècle, à Cordoue où les trois monothéismes ont choisi de se respecter, de s’admirer, de se nourrir les uns les autres, un artisan énigmatique eut le temps, avant d’être torturé et pendu, de révéler à son neveu comment obtenir le livre le « plus important à avoir jamais été écrit par un être humain ». Lancé dans cette quête qui le mène à travers l’Europe et le Maroc, le jeune juif, Maïmonide, croise un jeune musulman, Averroès, entraîné dans la même recherche. L’un comme l’autre, qui deviendront des géants de la pensée, sont poursuivis par un groupe mystérieux qui semble décidé à tout faire pour les empêcher d’aboutir : la Confrérie des Eveillés.

La plupart des personnages de ce roman ont vraiment existé. Si incroyables qu’ils soient, la plupart des événements politiques et personnels qu’ils traversent ont eu lieu. Les idées, les façons de vivre sont d’époque. Tout donne à penser qu’en ce moment crucial de l’histoire du monde, le plus grand des penseurs juifs et le plus grand des philosophes musulmans ont dialogué exactement comme ils le font ici.

Tout, enfin, dans l’Histoire, s’est toujours déroulé et se déroule encore exactement comme si le complot évoqué dans ces pages avait vraiment eu lieu. Comme si les « Eveillés » étaient encore parmi nous, porteurs d’un secret essentiel pour l’avenir de l’humanité, mais à jamais perdu. A moins que…

  

La Voie humaine. Pour une nouvelle social-démocratie, Fayard, 2004

Ce texte est un exposé lucide des faiblesses et des atouts de notre pays et de sa classe politique, et un ensemble de propositions concrètes pour donner une réalité à une stratégie, un programme qui pourraient à la fois changer la vie des gens et les aider à traverser la formidable complexité des temps qui viennent.

 

La gauche a-t-elle encore quelque chose à dire au monde, ou bien n’est-elle plus, comme la droite, qu’une simple machine à choisir des candidats et à gagner des élections ? Au moment où se généralise la loi du marché et les principes de la démocratie, y a-t-il la place pour un projet politique ?

Les partis semblent ne pas avoir le courage de répondre à ces questions. Ils se contentent d’attendre qu’une sanction frappe l’autre camp. En particulier, les partis de gauche n’ont plus ni vision du monde, ni doctrine, ni projet, ni programme ; ils n’ont plus que des postures.

Et pourtant, jamais la politique n’a été plus nécessaire, pour échapper à la violence, à la marchandisation du monde, à la précarité générale des choses, des idées et des gens.

Jacques Attali propose ici de repenser totalement la social-démocratie et avance des solutions nouvelles, originales, détaillées pour redonner à la politique sa raison d’être, pour tirer le meilleur du monde, du temps et de la vie. Pour que puisse s’ouvrir, entre les multiples barbaries, une voie humaine.

 

C’était François Mitterrand, Fayard, 2005

 Sur le quatrième président de la Ve République, des dizaines de livres ont été écrits, dont bien des biographies ; j'ai publié pour ma part dans Verbatim (3 tomes), il y a plus de dix ans et à sa demande, une partie des notes prises pendant les dix ans que j'ai passés à ses côtés à l'Élysée.

Dix ans après sa mort, voici ce que je pense de lui. Ce récit est nourri par de nombreuses révélations sur son action. On trouvera ici l'histoire de notre aventure commune, depuis notre rencontre en 1966, jusqu'à la fin de son second mandat. Je voudrais par ce livre répondre aux questions que chacun se pose à son égard : qui était-il ? A-t-il menti aux Français sur son passé ? Aimait-il l'argent ? Quels étaient ses rapports avec ses proches ? A-t-il utilisé l'État à son service personnel ? Comment prenait-il ses décisions ? S'est-il trompé sur la réunification allemande ? A-t-il laissé une France en meilleur état qu'à son arrivée ? Était-il un homme de gauche ?

 Sur toutes ces questions et tant d'autres encore, le moment est venu pour moi de faire connaître des faits souvent considérables et encore ignorés. Ils éclaireront, je l'espère, cette période si essentielle de notre histoire.

 

Karl Marx ou l’esprit du monde, Fayard, 2005

Beaucoup de biographies ont été écrites sur lui. Aucune ne combine les dimensions historiques, scientifiques et politiques en tenant compte de ce qu’on a pu découvrir depuis la chute du Mur dans les archives est-allemandes et russes. Je voudrais ici raconter sa vie, et à travers elle la naissance du capitalisme et du socialisme dans les fournaises du XIXe siècle. À travers la vie du plus grand géant de la pensée sociale des deux derniers siècles, qui annonce, par son destin, son action comme son oeuvre, tout ce qui nous attend. Un des géants de la pensée moderne, dans sa vie comme dans son œuvre on peut lire toutes les perversions qui allaient découler tant du capitalisme, qu’il dénonce, que du socialisme dont il rêve sans jamais en décrire l’organisation. Parcourir sa vie et son oeuvre, c’est comprendre le passionnant XIXe siècle, c’est prévoir le sombre XXe siècle, (le nazisme, le communisme, mais aussi toutes les phases du capitalisme, jusqu’à la mondialisation) ; c’est surtout mieux analyser comment éviter que le XXIe, après avoir vu la réalisation de ses prophéties, ne voit aussi la réalisation de ses pires cauchemars.

 

Alors que le mur de Berlin est tombé et qu’ont disparu presque toutes les dictatures se recommandant de Karl Marx, la lumière doit être faite sur l’extraordinaire trajectoire de ce proscrit, fondateur de la seule religion neuve de ces derniers siècles.

Aucun auteur n’eut plus de lecteurs, aucun révolutionnaire n’a rassemblé plus d’espoirs, aucun idéologue n’a suscité plus d’exégèses, et, mis à part quelques fondateurs de religions, aucun homme n’a exercé sur le monde une influence comparable à celle que Karl Marx a eue au XXe siècle.
Il a vu avant tout le monde en quoi le capitalisme constituait une libération des aliénations antérieures, il ne l’a jamais pensé à l’agonie, il n’a jamais cru le socialisme possible dans un seul pays, il a fait l’apologie du libre-échange et de la mondialisation, et il a prévu que la révolution ne viendrait, si elle advenait, que comme le dépassement d’un capitalisme devenu universel. Il est le premier penseur « mondial », porteur de l’« esprit du monde ».

 

Ce livre permet de comprendre comment ce jeune exilé allemand a pu rédiger à moins de trente ans le texte non religieux le plus lu de toute l’histoire de l’humanité, de révéler ses rapports singuliers avec l’argent, le travail, les femmes ; de découvrir un grand journaliste, un exceptionnel pamphlétaire, un immense théoricien ; de suivre un homme d’action orgueilleux et dictatorial. De réinterpréter ce XIXe siècle dont nous sommes les héritiers et de comprendre comment certains de ses successeurs ont créé nos démocraties pendant que d’autres, récupérant et distordant ses idées, en ont fait la source des deux principales barbaries de l’histoire moderne.

De réaliser enfin qu’aujourd’hui, au moment où s’accélère la mondialisation, qu’il avait prévue, Karl Marx redevient d’une extrême actualité.

 

Une brève histoire de l’avenir, Fayard, 2006 

La généralisation du règne de l'argent est en marche. Ultime expression de l'individualisme, elle explique l'essentiel des soubresauts de l'Histoire : pour l'accélérer ; pour la refuser ; pour l'orienter.

Si cette évolution va à son terme, l'humanité disparaîtra.

Si par contre l'homme recule devant cet avenir et interrompt cette généralisation du libéralisme, il basculera dans une succession de barbaries et de totalitarismes dans des batailles que je nommerai « l'hyperconflit ». Et l'humanité disparaîtra aussi, mais tout autrement. Si, enfin, la mondialisation peut être contenue sans être refusée, et si le marché peut être dépassé sans être aboli, s'ouvrira pour l'humanité un nouvel infini de démocratie, de liberté, de responsabilité, de création et de dignité. C'est que je nommerai « l'hyperdémocratie ».


Trois avenirs s'ouvriront donc devant nous au-delà de l'actuelle domination de l'empire américain provisoire, comme celle de tous ses prédécesseurs : hyperempire, hyperconflit, hyperdémocratie. Deux avenirs mortels, un troisième impossible. Je crois que le troisième l'emportera après un demi-siècle de chaos.

 
Pour l'expliquer, j'entends raconter ici l'histoire de l'avenir. Texte de présentation éditoriale Jacques Attali raconte ici l'incroyable histoire des cinquante prochaines années telle qu'on peut l'imaginer à partir de tout ce que l'on sait de l’histoire et de la science. Il dévoile la façon dont évolueront les rapports entre les nations et comment les bouleversements démographiques, les mouvements de population, les mutations du travail, les nouvelles formes du marché, le terrorisme, la violence, les changements climatiques, l'emprise croissante du religieux viendront chahuter notre quotidien.

Il révèle aussi comment des progrès techniques stupéfiants bouleverseront le travail, le loisir, l'éducation, la santé, les cultures et les systèmes politiques ; comment des murs aujourd'hui considérées comme scandaleuses seront un jour admises.


Il montre enfin qu'il serait possible d'aller vers l'abondance, d'éliminer la pauvreté, de faire profiter chacun équitablement des bienfaits de la technologie et de l'imagination marchande, de préserver la liberté de ses propres excès comme de ses ennemis, de laisser aux générations à venir un environnement mieux protégé, de faire naître, à partir de toutes les sagesses du monde, de nouvelles façons de vivre et de créer ensemble.

 

Amours. Histoires des relations entre les hommes et les femmes, Fayard, 2007

En collaboration avec Stéphanie BONVICINI

Alors que la plupart des animaux se reproduisent sans installer de relations stables entre les partenaires sexuels, l’humanité, depuis qu’elle s’est formée, il y a plus de cent mille ans, a ritualisé la relation entre les hommes et les femmes. D’abord organisée pour permettre la survie du groupe, cette relation a évolué vers une affirmation du désir libre des partenaires, dégagé des exigences de la reproduction. De société en société, tous les modes possibles de relations entre les hommes et les femmes ont été essayés : mise en commun des femmes, des hommes ou des enfants ; polyandrie, polygynie, amour courtois, mariage durable, mariage fugace, célibat, relations multiples. Tous les interdits ont été imposés, de celui de l’inceste ou de la zoophilie à celui de la pédophilie ou de l’homosexualité, entre tant d’autres. A l’inverse, pas un de ces interdits qui n’ait été fortement recommandé par d’autres sociétés, glorifiant le mariage entre frères et sœurs, entre père et fille, entre enfants.
Aujourd’hui, les technologies, en permettant d’aller vers l’amour virtuel, le clonage et l’utérus artificiel, ouvrent des perspectives vertigineuses…

 
Ce livre, illustré de nombreuses photos rares, est un voyage dans cette histoire. Il en raconte les formes les plus passionnantes ; s’y croisent tribus polyandres de Chine et rituels homosexuels de Nouvelle-Guinée, femmes des harems d’Arabie et maris multiples de femmes du Tibet, prostituées d’Amérique et geishas japonaises, maîtres de l’érotisme indien et disciples des pratiques chinoises, familles bourgeoises et trios homosexuels. Et, au delà de ces formes passées ou encore existantes, bien d’autres à venir.

 

L’avenir du travail, Fayard, 2007

Avec le concours de Cahuc, François Chérèque, Jean-Claude Javillier, Philippe Lemoine, Luc-François Salvador, Dominique Turcq, Philippe Vivien

 

Cet ouvrage est élaboré sous la direction de Jacques Attali, avec la contribution d’experts, de sociologues et d’acteurs du monde du travail. Il sera l’occasion de brosser un tableau complet du monde du travail en France en 2050, dont les prémices se font d’ores et déjà sentir :


- Disparition des frontières géographiques : fuite des cerveaux, délocalisation, immigration choisie ;
- Impact des nouvelles technologies : apparition de nouveaux métiers et disparition de certains, travail « collaboratoire », travail nomade ;
- Nouvelles relations de travail : précarisation de la relation de travail, flexibilité, « flexicurité », durée du temps de travail, importance des syndicats ;
- Place du travail dans la société : valorisation du capital humain, la société du savoir et la société apprenante, place des femmes, etc.

Les élèves de tous les lycées d’aujourd’hui travailleront encore en 2050. Quels métiers exerceront-ils ? À quels métiers faut-il les préparer ? Avec quelles technologies ? Dans quelles entreprises ? Selon quelles règles ? Avec quel droit du travail ? Aura-t-on plus de robots ou plus d’employés, ou les deux à la fois ? Comment la globalisation et les délocalisations qu’elle entraîne influeront-elles sur la nature des professions, sur les revenus, sur la pénibilité du travail ? Comment évoluera le mouvement syndical ? Aura-t-on plus de précarité, ou plus de protection ? Le travail intérimaire se développera-t-il ? Le chômage peut-il disparaître ?


C’est à toutes ces questions et à bien d’autres encore que répond cet ouvrage dirigé par Jacques Attali.

 

Gândhî ou l’éveil des humiliés, Fayard, 2007

Une vie vouée à la tolérance pour résoudre les impasses du monde, la preuve que la vérité et les forces de l’esprit peuvent l’emporter en efficacité sur les solutions violentes.
A l’approche du 60e anniversaire de la mort de Gandhi, une grande leçon pour l’humanité.

 

La Crise, et après ?, Fayard, 2008

« Comment en est-on arrivé là ? Le monde semblait aller très bien, la croissance économique était la plus rapide de l’Histoire ; tout annonçait qu’elle allait se poursuivre, sur la planète entière, grâce à une épargne abondante et à des progrès techniques extraordinaires. Et voilà que nous sommes à l’aube d’une dépression planétaire, la plus grave depuis quatre-vingts ans. Entre les deux, en apparence, pas grand-chose, sinon des familles américaines incapables de rembourser un crédit sur leur logement.
L’objet de ce livre est d’expliquer, aussi simplement que possible, ce mystère, pour le résoudre, pour éviter que la crise ne dérape en catastrophe politique mondiale. Et pour que l’on ne nous y reprenne plus!»

  

Du cristal à la fumée, Fayard, 2008

Cette pièce, représentée à Paris au Théâtre du Rond-Point en septembre 2009, avant de l’être en Israël, raconte au plus près de la réalité historique la réunion secrète qui s’est tenue au matin du 12 novembre 1938 à Berlin entre les principaux dirigeants nazis : Goering, n°2 du régime, Goebbels, en charge de la Propagande, Himmler, patron des SS et de la Gestapo, Daluege, Heydrich, ses adjoints Frick, ministre de l’Intérieur, Funk, ministre de l’Économie, Gürtner, ministre de la Justice, Kehrl, bras droit de Göring, Krosigk, ministre des Finances, Wörmannn, en charge des Affaires étrangères, enfin Hilgard, directeur général d’Allianz et président de la Fédération des compagnies d’assurances allemandes.
     C’est de cette réunion, qui débute par une sordide discussion sur l’impossibilité pour les nazis d’accepter l’indemnisation des victimes juives de la Nuit de Cristal du 9 novembre par les compagnies d’assurance, qu’est sortie la décision de la « solution finale», bien avant la conférence de Wannsee à laquelle on impute d’ordinaire cette décision.


La pièce est inspirée par le verbatim partiel de cette réunion, découvert par Risk International dans le cadre du projet « Living Heirs», et par les témoignages laissés avant leur mort par les participants.

  

Survivre aux crises, Fayard, 2009 

Pour survivre dans la crise actuelle, les nations, les entreprises, les familles, les travailleurs, les consommateurs, les gens, devront inventer de nouvelles façons de se comporter. Bien de ces comportements s'inventent quotidiennement, dans une sorte d'intelligence de l'austérité.
D'abord parce qu'il faudra ne plus compter sur l'augmentation infinie des actions ou des bien immobiliers pour financer le train de vie et rembourser les dettes. Ensuite parce qu'il faudra apprendre à acheter malin, au plus bas prix, par les réseaux les plus directs, sans plus attacher d'importance aux marques. Aussi parce qu'il faudra travailler autrement. Enfin, parce qu'il faudra se plier aux nouvelles exigences de l'écologie, économiser l'énergie, l'eau et les matières premières. Il ne sera plus un signe d'intelligence ou de puissance que de changer de voiture tous les ans. Le nouveau ne sera plus synonyme de progrès. 


Ces comportements vont radicalement transformer la société. On n'attachera plus d'importance au nouveau, en tant que tel. On ne se laissera plus séduire par le mirage du crédit à la consommation, par les promesses de la publicité. On changera moins souvent de voiture. Tout ce qui sera gratuit sera préféré, quoi qu'il en soit. Les marques auront du mal à survivre dans cette économie de soldes permanentes.
Ceci entraînera la naissance d'innombrables nouveaux métiers, dans les services, la santé, l'éducation, la culture, l'environnement.


Les entreprises devront s'adapter radicalement à ces changements si elles veulent survivre. Elles devront attacher la plus grande importance aux talents et tout faire pour les garder. Les exigences du long terme pèseront sur leurs comportements. Les nations devront devenir beaucoup plus solidaires, beaucoup plus ouvertes aux talents venus de l'extérieur.


Pour survivre dans la crise actuelle, les nations, les entreprises, les familles, les travailleurs, les consommateurs, les gens, devront inventer de nouvelles façons de se comporter. Bien de ces comportements s'inventent quotidiennement, dans une sorte d'intelligence de l'austérité.

 « La crise actuelle se terminera un jour, laissant derrière elle d’innombrables victimes et quelques rares vainqueurs. Pourtant, il serait possible à chacun de nous d’en sortir dès maintenant en bien meilleur état que nous n’y sommes entrés. À condition d’en comprendre la logique et le cours, de se servir de connaissances nouvelles accumulées en maints domaines, de ne compter que sur soi, de se prendre au sérieux, de devenir un acteur de son propre destin et d’adopter d’audacieuses stratégies de survie personnelle.
Mon propos n’est donc pas ici d’exposer un programme politique pour résoudre cette crise et toutes celles qui viendront, ni de vagues généralités moralisantes, mais de suggérer des stratégies précises et concrètes permettant à chacun de "chercher des fissures dans l’infortune", de se faufiler entre les écueils à venir, sans s’en remettre à d’autres pour survivre, pour sur-vivre.

Et d’abord pour survivre à la crise actuelle.»

 
Paris et la mer. La Seine est capitale, Fayard, 2010 

Toutes les capitales économiques ont accès à un port maritime d’envergure. Toutes ? Paris reste l’exception... mais jusqu’à quand, avant d’être reléguée au second plan ? En effet, pour une capitale, avoir une dimension maritime, c’est s’ouvrir véritablement sur le monde, c’est relever les défis de demain de façon à la fois écologique, économique et sociale.

Les discussions actuelles sur le Grand Paris sont donc essentielles : quel sera le port de la capitale ? Verrons-nous Anvers devenir paradoxalement le débouché maritime de la capitale française ou oserons-nous le rapprochement symbolique entre Paris et Le Havre, premier port de conteneurs français – deux villes liées par la vallée de la Seine ? Jacques Attali, avec le concours de plusieurs experts de premier plan, replace dans une vaste perspective cette question fort actuelle et montre combien elle est décisive pour l’avenir économique de la France et l’aménagement de notre territoire.


Pour réfléchir à l’avenir du Grand Paris, Jacques Attali a réuni Philippe Aghion, Cyril Arnould, Hervé Crès, Antoine Grumbach, Hervé Le Bras, Marc Levinson, Erik Orsenna, de l'Académie française, et Jack Short. 

 

Tous ruinés dans dix ans ? Dette publique la dernière chance, Fayard, 2010 

Serons-nous tous ruinés dans dix ans ? Jamais, sauf en période de guerre mondiale, la dette publique des grands pays de l’Occident n’a été aussi élevée. Jamais les dangers qu’elle fait peser sur la démocratie n’ont été aussi graves. Pour comprendre les raisons profondes qui peuvent conduire des Etats comme l’Islande ou la Grèce à la faillite, Jacques Attali retrace l’histoire de la dette publique, qui est aussi celle de la constitution progressive de la fonction souveraine et de ce qui menace de la détruire. Tel est l’enjeu de la dette publique actuelle, née avec la crise financière et nécessaire à sa solution, mais dont chacun sent bien qu’elle ne peut continuer de croître sans conduire aux pires catastrophes. Il est encore possible de régler ces problèmes, d’éviter la dépression, l’inflation et le moratoire, en repensant le rôle du Souverain et la part des dépenses publiques, en mettant en place d’autres règles comptables et une tout autre architecture financière et politique, que ce soit en France, en Europe ou au niveau mondial.

 

Phares. 24 destins, Fayard, 2010 

Quoi de commun entre Abd-el-Kader, premier résistant à la colonisation au Maghreb, Ho Chi Minh, fondateur de la nation vietnamienne, Bolivar, le  « libertador » de l’Amérique latine ; Aristote, penseur à l’influence dominante sur la philosophie médiévale, Confucius, moraliste à l’influence dominante sur la pensée asiatique ; entre le catholique Thomas d’Aquin, qui ouvre à l’idée d’une conscience individuelle, le musulman Averroès, qui demande à concilier philosophie antique et monothéisme,  Maïmonide, le juif, ouvrant aux siens la voie de la laïcité ; entre Maître Eckhart, fondateur de la mystique rhénane, et Hildegarde de Bingen, mystique visionnaire issue des béguinages ; entre Giordano Bruno, accusé d’hérésie pour avoir clamé l’infini des mondes composant l’univers, et Le Caravage, premier peintre de la rupture avec la beauté idéale ; entre Mme de Staël, esprit européen par excellence et annonciatrice du romantisme, et Darwin, fils des Lumières et théoricien de l’évolution ; entre Edison, maître incontesté de la recherche appliquée, Joseph Schumpeter, théoricien des crises endogènes au capitalisme, et Walter Rathenau, industriel juif allemand antisioniste, ministre de Weimar ; entre Richard Strauss, musicien de l’unité allemande, Thomas Mann, prix Nobel, banni par l’Allemagne nazie, et Walt Whitman, barde radical de l’Amérique antiesclavagiste ? 

Voici les grandes figures de l’humanité que Jacques Attali convoque dans ces microbiographies...

                                                                

Qu'est-ce que PlaNet Finance ?

PlaNet Finance est une Organisation de Solidarité Internationale soutenant le secteur de la microfinance à travers son soutien aux Institutions de Microfinance, ONG, coopératives, banques ou institutions financières, gouvernements ou banques centrales.

 

Les actions principales de PlaNet Finance se déroulent autour de 8 axes :

 

  1. Les services de conseil et d’assistance technique
  2. La notation d’Institutions de Microfinance
  3. Le financement d’Institutions de Microfinance
  4. La création d’institutions de microfinances
  5. L’apport en capital à des microentreprises
  6. La microassurance
  7. Le prêt direct en ligne
  8. Le mobile banking

 

 Le siège de PlaNet Finance est situé à Paris et son réseau est composé de plus de 80 bureaux à travers le monde.

 

Jacques Attali, Président de la Commission pour la libération de la croissance française :


En février 2010, le Président de la République et le Premier Ministre ont demandé à Jacques Attali de reprendre les travaux de la Commission pour la libération de la croissance française.


Cette Commission, composée de quarante-trois personnalités françaises et étrangères, aux parcours, expériences et opinions divers, avait rendu un premier rapport au Président de la République en janvier 2008. Ce rapport proposait 316 décisions pour renforcer la croissance et permettre à la France de garder sa place dans la compétition mondiale tout en préservant son modèle social et de solidarité.


Dans un contexte de crise économique et financière inédite, Jacques Attali et la Commission ont été à nouveau mobilisés pour faire le bilan du rapport rendu en 2008 et formuler de nouvelles propositions pour réussir dans les dix prochaines années les transformations nécessaires à la France.


Dans le cadre de ce second mandat, la Commission a rendu le 8 juin dernier un pré-rapport établissant le bilan de la mise en œuvre du rapport de 2008, et ouvrant les grands débats qui se posent pour réussir la France de 2020. En concertation avec le Parlement, le Gouvernement, les partenaires sociaux et l'ensemble des acteurs et représentants de la société civile, la Commission a rendu son rapport final, où sont proposées les actions nécessaires pour obtenir en France plus de croissance et d’emploi, tout en restaurant l’équilibre des finances publiques dans une dynamique européenne.

 

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