Conférence sur l'optimisme par Luc Ferry

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Conférence sur l'optimisme par Luc Ferry

Optimisme

Assez de lamentations ! Si elles sont loin d'être parfaites, les sociétés dans lesquelles nous vivons - ces démocraties tant décriées du Vieux Continent - représentent encore ce qui s'est fait de mieux jusqu'à présent. Luc Ferry le proclame dans un livre peu orthodoxe, qui mêle sans complexe vie privée et vie publique. "J'ai conscience, affirme-t-il, d'avancer sur une terra incognitavers des lieux que la pensée philosophique n'a encore pratiquement jamais abordés." C'est un peu excessif...

L'ancien ministre de l'éducation nationale s'exprime en pédagogue, prenant son lecteur par la main : "Comme vous allez pouvoir le constater... Je vous proposerai dans un instant d'analyser... Faites l'effort de réfléchir en vous-même, et vous verrez..." Nous assistons, selon lui, au développement d'un nouvel humanisme, qui s'écarte chaque jour un peu plus de celui des Lumières. Non plus fondé sur la raison, mais sur l'amour. Cette révolution, explique-t-il, a commencé au milieu du XIXe siècle avec l'émergence d'un nouvel idéal de vie incarné par des artistes, des potaches ou des révolutionnaires. Ces lointains prédécesseurs des soixante-huitards voulaient faire table rase du passé, créer des oeuvres inédites, accoucher d'un monde neuf. Mais, loin d'anéantir la bourgeoisie, ils ont conforté sa prospérité et préparé ce qu'on appellera plus tard la société de consommation.

Le XXe siècle a été, en Occident, celui de la déconstruction dans tous les domaines : politique, artistique, sociétal... Avec un changement essentiel, qui est intervenu après la seconde guerre mondiale, en même temps que la décolonisation : "La victoire complète du mariage d'amour sur le mariage arrangé." Mai 68, ensuite, n'a changé ni la politique ni l'économie, mais révolutionné un peu plus les moeurs : "Sous les pavés, il n'y avait pas la plage, mais la mondialisation libérale." Bourgeoisie et bohème réconciliées ont donné les "bobos"...

Une révolution d'une telle ampleur dans la vie privée ne pouvait pas ne pas avoir d'incidences sur la vie publique, remarque Ferry. L'amour-passion, accompagné du souci de l'épanouissement personnel, prend peu à peu la place de tous les anciens principes fondateurs : le Cosmos des Grecs, le Dieu des grandes religions, la raison et les droits de l'humanisme républicain.

La sacralisation de l'enfance, puis de la personne humaine en général, change la donne. Plus grand monde en Europe n'est prêt à mourir pour la Révolution, pour la Patrie ou pour Dieu. Mais nous ferions n'importe quel sacrifice pour défendre nos proches. "Pour la première fois peut-être dans l'histoire, écrit Luc Ferry, l'amour est devenu le principe fondateur d'une nouvelle vision du monde." Le "peut-être" n'est ici qu'un dernier scrupule d'universitaire, sachant qu'il va en énerver plus d'un.

Le philosophe aggrave son cas en constatant l'existence d'une transcendance sans Dieu. "L'humain, souligne-t-il, se sacralise par l'amour" et donne naissance à une nouvelle spiritualité, une spiritualité laïque. De quoi heurter aussi bien les croyants que les athées militants. Mais Luc Ferry s'en explique dans un très beau passage sur le retour d'Ulysse : sagement, celui-ci renonce à l'immortalité qu'on lui fait miroiter, pour retrouver Ithaque et Pénélope. Acceptant sa condition de mortel, il vit alors pleinement dans le présent, sans être tiré par la nostalgie ni se réfugier dans un avenir illusoire.

Luc Ferry reconnaît cependant le paradoxe dans lequel nous plonge cette "spiritualité laïque". Comment vivre le deuil dans une société qui ne croit plus aux retrouvailles dans un autre monde ? Plus aimants, plus sentimentaux que jamais, mais en même temps privés des secours de la religion, nous sommes plus que jamais démunis face à la mort des êtres aimés.

Le philosophe conteste, en revanche, que la place prise par l'amour-passion favorise l'individualisme et l'égoïsme : "Aucune société ne fut plus soucieuse des autres, plus attachée à leur liberté, à leurs droits et à leur bien-être, que celles dans lesquelles nous vivons au sein de notre vieille Europe." Nous dénonçons des discriminations et des inégalités ? Mais c'est justement parce que nos exigences sont devenues plus hautes, plus fraternelles. Jamais nos sociétés n'ont été aussi soucieuses de l'avenir des générations futures, et pas seulement en matière d'écologie.

Bref, il est temps de "stopper le démentiel masochisme" qui nous ronge, affirme le professeur Ferry. Réjouissons-nous plutôt : la révolution en cours est l'amorce d'un réenchantement du monde.

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